L'enfance de Philippe Gaussot et sa famille

Cette page va continuer d'évoluer, notamment avec la publication d'autres photos et d'un arbre généalogique permettant de mieux s'y retrouver. Merci d'y revenir un peu plus tard !

Philippe Gaussot nait le 28 août 1911 à Belfort, où son père Louis-Marie (François, Jules) (*1869 †1945) est alors en garnison avec le grade de capitaine; Louis est le fils d'Aimé Gaussot et de Claire Brossard. La mère de Philippe, Jeanne (Marguerite) (*1872 †1963), est née d'Arthur Curel et de Berthe Curel, qui étaient cousins germains. Les Gaussot et les Curel sont deux très vieilles familles de la Meuse, dont l'origine remonte au temps de Jeanne d'Arc. Jeanne Curel appartient à la branche roturière des Curel, dont une dame fut abesse. Les grands parents de Philippe sont horloger et viticulteur.

Louis Gaussot   Jeanne Gaussot née Curel

Philippe est le huitième et petit dernier de la famille, et il use toutes les affaires de ses frères et sœurs. C'est un enfant attachant, aux cheveux longs et bouclés, déjà doté d'un fort caractère et d'un grand esprit d'indépendance. Il sera le seul de la fratrie à n'embrasser ni la carrière militaire, ni la religion ! Ce qui explique peut-être qu'il gardera par la suite peu de contacts avec ses parents, et que je ne rencontrerai jamais ma grand mère paternelle.

Philippe Gaussot vers 1915   Philippe Gaussot en 1922

Son frère aîné Pierre (*1894 †?) fut colonel et épousa Simone Kusthohs en 1925. Je le rencontrai une ou deux fois à Bourg-la-Reine (92), où il habita à la fin de sa vie. Il eut quatre enfants. Bernard fut directeur de Supelec. Denis fut directeur à EDF; avec sa femme Ghislaine Aubert, ils ont trois enfants.

Son frère André (*1896 †1916) aurait été tué avec sa promotion de Saint Cyr dans la charge en gants blancs, mais je ne suis pas tout à fait sûr de la concordance des dates.

Sa sœur Marie (*1897 †1993) épousa en 1920 Henri Utard. Ils eurent sept enfants, dont Bernadette (*1922 †2009), épouse de Pierre Bonicel, et Marie-Hélène, épouse de Georges Wicky, par laquelle j'obtiens encore de nombreuses informations sur ma famille paternelle.

Son frère Jean (*1899 †?), que nous surnommions l'abbé Jean, fut ordonné en 1924 et plus tard chanoine dans la Meuse. Il nous rendit plusieurs fois visite à Chamonix après la mort de Philippe.

Sa sœur Hélène (*1901 †1996), sans être religieuse, consacra sa vie et ses maigres revenus aux pauvres et aux nécessiteux. Elle venait souvent nous voir à Chamonix, où elle adorait randonner, même à un âge avancé, avant qu'un zona l'handicape douloureusement jusqu'à sa mort. Durant mes études et par la suite, je lui rendis souvent visite le dimanche, dans sa minuscule chambre située dans le XXème arrondissement de Paris. Grande voyageuse, elle connaissait toute la famille par cœur, et m'en apprit énormément sur la vie de mon père.

Son frère Jacques (*1903 †1969) fut contre-amiral de l'escadre de la Méditerranée. Il épousa en 1926 Marie-Cécile Béjot, et ils eurent six enfants. François fut ordonné en 1957. Jean-Paul parcourut le monde, principalement l'Amérique du Sud, en vendant des toiles pour vivre. Tous deux nous rendirent visite, séparément, à Chamonix, quand leur oncle était encore de ce monde. Olivier fut ambassadeur, notamment aux Philippines et en Corée du Sud.

Enfin sa sœur Ginette (*1906 †1963), élève des Beaux Arts, épousa en 1935 Jacques Dresler, et ils eurent six enfants.

Voilà pour moi une multitude de cousins-cousines, que je n'ai pour la plupart jamais rencontrés. Notre dernière rencontre familiale d'envergure remonte à l'enterrement de ma tante Hélène !

Mon père aimait à rappeler que notre nom vient du verbe se gausser. Il semble qu'il ait voulu tout au long de sa vie justifier ce sobriquet, notamment en défiant un certain conformisme familial !

En 1914, les Gaussot doivent fuir Belfort sous le bombardement pour se réfugier à Bar-le-Duc, puis à Besançon en passant peut-être par Gray. Philippe fait donc ses études à Besançon, aux Ursulines puis au collège Saint Jean. Le jour de l'Armistice, il sonne les cloches de la cathédrale avec Jacques et les grands. Au collège, il a beaucoup de copains mais est mal aimé par les pères maristes, alsaciens, dont beaucoup sont pro-allemands et n'aiment pas les officiers français.

En 1920 la famille s'installe à Bayonne, où Louis Gaussot commande le 49ème R.I. (régiment d'infanterie). Les Gaussot habitent une maison donnnant sur la rue de la Vieille Boucherie et sur les remparts Lachepaillet, qui servent de refuge à tous les chats sauvages ! Philippe étudie au collège Saint Louis de Gonzague. J'étais très heureux, bien qu'après avoir commencé à apprendre l'allemand j'aie dû me mettre à l'anglais et à l'espagnol ! Mais je jouais (bien) à la pelote basque, à la chistera et au rugby, et c'est le Père Lacroutz, préfet de discipline, qui m'a appris à nager en m'emmenant en mer sur son dos.

Philippe joue aussi beaucoup (et bien) au tennis avec les officiers, dont Jean de Lattre de Tassigny, alors un coureur dont mon père a demandé la mutation parce qu'il avait besoin d'officiers et pas de danseurs mondains !

Les Gaussot ont droit à une ordonnance, qui s'appelle Simbrembabakar. Un Sénégalais du plus beau noir, qui a donné une pièce de 5 francs à mon père pour le remercier de l'avoir désigné comme membre de la garde d'honneur du drapeau du régiment. Notre bonne, une basquaise, le fuyait car elle le prenait pour le diable !

Pendant quatre ans, les Gaussot vivent très heureux à Bayonne, bien que désargentés. Ce n'est qu'à 15 ans, pour son bac, que Philippe reçoit son premier vélo !

En 1924, la famille retourne à Besançon. Louis Gaussot commande un régiment puis est nommé Chef d'Etat Major de la VIIème Région. Il prend se retraite comme Général de Division en 1929.

A Besançon, Philippe fait beaucoup de balades, sans doute avec ses frères et ses amis. Des balades de 30 à 40 km, sans histoire, dans la journée. Ils font aussi beaucoup de vélo, et c'est ainsi que, depuis Besançon, ils viennent camper dans la vallée de Chamonix, que Philippe découvre alors. Nous emportions tout sur notre dos, tentes, crampons, piolets, cordes, gamelles, etc., et ce dans la journée, en passant tantôt par la Faucille, tantôt par Lausanne et La Forclaz. Nous faisions également beaucoup de spéléo, et avec le Gouffre du Paradis, nous avons même eu un temps le record de profondeur.


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