Biographie de Philippe Gaussot

Premières années

Philippe Gaussot naît le 28 août 1911, trois ans avant le début de la première guerre mondiale, à Belfort. Ce lieu de naissance est un peu le fruit du hasard. Son père Louis, alors capitaine et futur général, y est à cette époque en garnison. Petit dernier d’une fratrie de 8 enfants, aimé et choyé, le petit Philippe fera très tôt preuve de caractère et d'esprit d'indépendance, qui l'éloigneront plus tard de sa famille et des ses vocations militaire et religieuse. Très vite également, il sera amené à beaucoup se déplacer, au gré des mutations de son père, et ces voyages développeront sans doute sa curiosité envers les lieux et les gens, et une certaine empathie à leur égard.

Le général Louis Gaussot   Philippe Gaussot vers 1915    → davantage sur l'enfance de Philippe Gaussot et sa famille

En 1929, Philippe Gaussot a son bac C et son bac philo en poche, et le général prend sa retraite. La famille s'installe à Paris, pour que les deux plus jeunes (Philippe et Ginette, qui vise les Beaux Arts) puissent poursuivre leurs études. Les Gaussot habiteront successivement au 16 boulevard Saint Germain (dans la quartier de la Tournelle et de la place Maubert), puis au 146 bis rue de Rennes (près de la gare Montparnasse).

Ne sachant trop quoi faire, Philippe commence à préparer HEC à l'institut Friley, mais cela ne lui plaît pas; vu d'aujourd'hui, cela ne nous surprend guère ! Il achève son année scolaire à la Sorbonne en préparant des certificats d'histoire et de géographie en vue d'une licence. En octobre 1930, attiré par les colonies, il entre au lycée Louis le Grand pour préparer l'École Nationale de la France d’Outre Mer (Colo). Un de ses professeurs est Georges Bidault, membre puis vice-président de l'ACJF (Association catholique de la jeunesse française) et futur résistant et homme politique. Reçu à Colo en juin 1931, Philippe choisit la section Indochine, espérant être nommé administrateur colonial au Cambodge ou au Laos. Une tuberculose l'oblige à interrompre ses études pendant un an, mais il décroche tout de même son diplôme en 1935. Ses problèmes de santé (puis la disparition des colonies) empêcheront néanmoins la concrétisation de ses rêves de bout du monde.

Parallèlement, Philippe a passé sa licence en droit, et demandé un sursis pour passer son doctorat ! Preuve s'il en faut que déjà, le travail ne lui faisait pas peur !

Philippe comble aussi sa soif de rencontres et son envie d'aider les autres. Pendant ses études à Paris, il fait du scoutisme durant quelques mois à la troupe Montalembert. On peut imaginer que l'aspect très traditionaliste et assez militaire du scoutisme à cette époque ne le satisfait pas pleinement, et il l'abandonne vite (même si, selon certaines photos que j'ai retrouvées, il semble qu'il participe encore en 1934 à l'encadrement d'un camp scout à Arcachon, avec la 1ère et la 2ème troupe de Bx, a priori Bordeaux). Dans le même temps, il noue de nombreux contacts avec d'autres mouvements comme les Auberges de Jeunesse (où il rencontre notamment Paul-Emile Victor) et les Jeunesses Socialistes. Pour rendre service à un ami étudiant, il fait même un remplacement de quelques mois comme chef des Pionniers Rouges du XIXème arrondissement, pour la plus grande fureur de papa, catholique ultra et Croix de Feu !

Dès 1928-29, Philippe Gaussot prend alors une part active au lancement et à la marche de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), aux côtés d'autres étudiants issus de l'ACJF.

JEC et camp Bernard Rollot    → davantage sur Philippe Gaussot et la JEC

C'est pendant sa période jéciste, aux environs de 1930, que Philippe va réellement découvrir la vallée de Chamonix.

J'ai fait le Grépon en tête de cordée à 18 ans, et beaucoup de courses dans le massif : mont Blanc (3 fois), Blaitière-Fous-Ciseaux, Géant, Tour Ronde, Courtes, Requin, Plan, Midi. Plus tard, après la guerre, Chardonnet, Ravanel-Mummery, Peigne, Pélerins, etc..

Il satisfait alors pleinement son besoin de dépense physique et d'exploration, découvrant et parcourant les montagnes sur lesquelles il sera plus tard amené à écrire en maîtrisant pleinement son sujet.

Philippe Gaussot au Requin en 1930 → Philippe Gaussot au Requin en 1930

Dans les rues de Paris, Philippe Gaussot vit intensément l'avènement du Front Populaire.

Le 14 juillet [1936] fut fantastique. Nous avons dansé toute la nuit dans tous les quartiers de Paris, et surtout place de la Concorde, à quelques mètres du préau où un certain 6 février, à plat ventre sur le toit avec Jean Giraud, nous avions échappé de peu à la fusillade (le 6 février 1934, une manifestation anti-gouvernementale rassemblant des groupes de droite et d'extrême-droite mais aussi de simples gens voulant exprimer leur mécontentement et leur colère se transforma en une émeute mortelle, qui favorisera le rapprochement des socialistes et des communistes, aboutissant au gouvernement de Front populaire en 1936). Une grande joie habitait alors le cœur des Parisiens et pour la partager, m'en imprégner, je faisais tous mes déplacements à pieds. Il m'arrivait de faire plus de 20 km par jour ! Cette ambiance colle parfaitement avec une personnalité plutôt à gauche, en tout cas éprise de fraternité et de justice.

Mais Paris commence à peser à Philippe, et les montagnes lui manquent !

Peu après, en octobre 1936, il part faire son service militaire à Sospel, porte du Mercantour, au 75ème bataillon alpin de forteresse (BAF). J'avais demandé cette garnison parce que c'était la plus éloignée de Paris, que tous mes copains disaient que je me ferais planquer par mon général de père, et que mon ambition (j'avais échoué exprès à la PMS) était d'être gardien du camp de Peïra-Cava pour vivre en paix en montagne pendant un an.

Au lieu de cela, il passe huit jours à l'infirmerie régimentaire, quinze jours à l'hôpital de Sospel et un mois à l'hôpital de Nice. Il y retrouve le Colonel Chassepot (descendant de l'inventeur de ce modèle de fusil), qui avait servi sous les ordres du général Gaussot à Besançon. Il venait me chercher en voiture à l'hôpital mais je rentrais le plus souvent à pieds, et comme je ne savais pas saluer (je n'avais pas fait mes classes !) ça m'a valu un tas d'histoires drôles.

Réformé définitivement à la suite de ses problèmes pulmonaires, Philippe doit regagner Paris. On l'envoie passer l'hiver à Briançon, dans une maison de famille où il est contaminé, suite à un manque de précautions. Retour à Paris, puis on l'envoie passer l'été 1937 à Chamonix avec sa famille. Nous logions au chalet Les Cigognes, acheté et démoli après la guerre et reconstruit par M. Gaillard. Le docteur Aulagnier m'a fait un pneumothorax qui a fort bien réussi.

Philippe regagne donc Paris en octobre 1937 et y passe l'année, faisant du droit et s'occupant à nouveau de la JEC. L'été 1938 se passe encore à Chamonix, au même endroit, et entraîne une nette amélioration de son état de santé. Il rentre à Paris fin septembre 1938.

Les guerres

La guerre civile espagnole ou Guerre d'Espagne débute en juillet 1936, et oppose deux camps. D'un côté les Républicains, regroupant notamment des socialistes, des communistes et des anarchistes, engagés aux côtés des forces armées loyales envers la République espagnole, souhaitant défendre la démocratie parlementaire, ou constituer un gouvernement alternatif. De l'autre côté les Nationalistes du général Franco (ou Franquistes), regroupant des conservateurs, des monarchistes et des formations d'extrême-droite, opposés au Frente Popular. Franco l'emportera, peu après la prise de la Catalogne et la terrible Retraite (Retirada) de février 1939. Cette guerre est particulièrement violente de part et d'autre. Elle entraîne d'importants déplacements de populations, hommes, femmes et enfants, surtout issus du camp républicain; ils migreront en Espagne même (notamment vers la Catalogne) et vers l'étranger (principalement la France). Un comité d'aide aux réfugiés est alors mis en place.

C'est ainsi qu'en octobre 1938, Philippe Gaussot part à Perpignan comme délégué de ce comité. Pendant près de deux ans, il mène alors une vie passionnante, parce qu'utile. Cette époque de sa vie est évoquée de façon très touchante par un de ses amis catalans, l'écrivain et homme politique Maurici Serrahima (*1902 †1979), dans un très bel article.

Des réfugiés espagnols en 1939    → davantage sur Philippe Gaussot et l'aide aux réfugiés espagnols

Son travail en faveur des réfugiés touchant à sa fin (il le reprendra par la suite), Philippe entre en octobre 1939 comme rédacteur (son premier poste rétribué !) au Ministère de l'Information. Celui-ci est alors installé à Paris, rue de Rivoli, dans l'hôtel Continental presque intégralement réquisitionné. Il est dirigé par l'écrivain et diplomate Jean Giraudoux (*1882 †1944, Commissaire général à l'information en 1939 et 1940). Philippe se trouve dans le service de l'auteur Guillaume de Tarde (*1885 †1989) (ce dernier était avant la guerre à la tête de la revue Nouveaux Cahiers, à laquelle participaient notamment Simone Weil et le syndicaliste Paul Vignaux). Il est placé sous les ordres du chef de la section Intérieur et Territoires d'Outre-Mer, Christian Pineau (chef de cabinet de Giraudoux et futur résistant). J'étais chargé du secrétariat de rédaction du Bulletin d'Information pour l'Intérieur et les Colonies ! Je devais me taper tous les articles que mes chefs ne voulaient pas faire. La situation militaire évoluait tellement vite qu'il fallait, un œil sur les téléscripteurs, les refaire jusqu'à la dernière minute. C'est au Ministère, installé au Continental, que j'ai lu sur le télex, en compagnie de Vignaux, l'annonce de la percée et du rush des troupes allemandes.

Philippe Gaussot suit alors le Ministère à Tours, puis à Cahors, jusqu'à la débâcle de juin 1940 (il prend alors plusieurs photos de l'exode sur les routes de France).

Là, ce fut la débandade. J'ai rejoint Bordeaux [avec le Gouvernement], où j'ai repris mon activité en faveur des réfugiés [espagnols]. J'y ai retrouvé beaucoup d'anciens de Barèges [du Camp Bernard Rollot], mais aussi J. [Jacqueline?] et R. [Robert?] Blanc, Jean Durand et [d'autres comme] Jean Guyot, qui achevaient leurs études comme ils pouvaient. Mais il n'y restèrent pas très longtemps.

Les Allemands arrivaient. Répartis en deux voitures, nous avons coupé leur colonnes qui filaient sur Bayonne, et nous avons rejoint Barèges où nous avons vécu comme nous avons pu, au chalet Bernard Rollot, en aidant les paysans à faire les foins.

C'est à Barèges que Philippe reçoit en septembre 1940, Dieu sait comment, un télégramme lui demandant de rejoindre Vichy pour lancer un journal pour les Compagnons de France, logiquement intitulé Compagnons. Philippe a été choisi pour avoir déjà travaillé, comme amateur, dans plusieurs journaux de jeunes et d'étudiants. C'est a priori pour Compagnons qu'il réalise deux reportages photographiques, sur une visite de Pétain à Lyon et une autre de Georges Lamirand (secrétaire d'Etat à la Jeunesse) à Saint-Etienne. C'est à cette époque qu'installé à Lyon avec l'équipe de rédaction, il épouse Jacqueline Blanc; ils habitent alors 72 rue Duguesclin.

L'orientation politique prise ne lui plaisant pas, Philippe quitte Compagnons avec ses amis, en octobre 1941. Ils fondent alors l'hebdomadaire Marche, en réalité un organe de résistance camouflé. Après plusieurs rappels à l'ordre du secrétariat général de l'information, la parution de Marche est suspendue par Laval en juillet 1942, et Philippe Gaussot est convoqué à Vichy.

Compagnons numéro 144   Maquette de Philippe Gaussot pour Marche en 1941    → davantage sur Philippe Gaussot et les revues Compagnons et Marche

Au lieu d'obtempérer, il rejoint Marseille. Introduit par Paul Blanc, oncle de Jacqueline, il entre dans le service de renseignements du réseau de résistance Corvette, comme agent de liaison et chargé de mission de 1ère classe, sous le nom de Guy Latour. Cette période rocambolesque et exaltante lui inspire un livre, Melpomène se parfume au camphre, vendu au profit des veuves et orphelins du réseau. Grillé au cours d'une mission, il est affecté à Lyon au réseau Côtre, où il est chargé du contrôle de la navigation fluviale.

Acte d'engagement de Philippe Gaussot aux FFL     → davantage sur Philippe Gaussot et la Résistance

En mai 1943, Philippe installe son épouse et ses deux premières filles Mireille et Annette à Chamonix, avant que ce ne soit zone interdite. Travaillant (pour Côtre!) à Lyon, il a pu obtenir un ausweis pour aller les voir. Mais à la fin de l'été 43, il craque physiquement, et on l'envoie se mettre au repos à Chamonix. La famille s'installe au début de l'hiver au chalet La Revirée.

Pouvant quand même travailler un peu, Philippe est engagé par le Chef Thollon au Centre Ecole de Jeunesse et Montagne de Montroc, assurant le secrétariat de rédaction du bulletin Trait d’Union de la Jeunesse Aérienne. Par la Suisse, ils peuvent obtenir de nombreux renseignements. En juin 1944, le Centre Ecole part prendre le maquis à Murols. Philippe n'étant pas en état de combattre, Thollon refuse qu'il le suive.

Albaran (le chef du réseau Côtre de Lyon) m'a fait savoir que la Centrale était grillée et qu'il n'était pas question de tenter de reprendre le contact. Il ne s'agissait plus de renseigner, mais de combattre.

C'est ainsi que, libéré de la règle du cloisonnement, Philippe se met à la disposition de Raoul Lanet, chef de l'AS (Armée Secrète) à Chamonix. Il est affecté comme inspecteur au service de la Police FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) pour la Haute Vallée de l’Arve, sous les ordres de Guérini. Philippe Gaussot va alors participer à la Libération de Chamonix, et la photographier.

Une planche-contact de la libération de Chamonix en août 1944    Une planche-contact de la libération de Chamonix en août 1944  :  → davantage sur Philippe Gaussot et la Libération de Chamonix

Philippe monte ensuite à Paris, où on lui propose différents postes : Charbonnages de France, Michelin (aux affaires sociales), un journal MRP... Mais rien ne me plaisait et je ne voulais plus vivre à Paris, pour rien au monde. Il s'installe donc définitivement à Chamonix en 1945 avec Jacqueline et leurs deux premières filles, Mireille et Annette. L'air de la Vallée, encore pur à cette époque, est par ailleurs meilleur pour sa santé. Sa troisième fille, Gentiane, naît en octobre de cette même année.

Le journaliste et l'écrivain

Ces temps d'après guerre sont très difficiles. Nous n'avions pas un sou de côté, et il m'a fallu emprunter 100 000 francs de l'époque à A.C. Roux. Je les lui ai rendus quand j'ai touché mon pécule de Chargé de Mission de Ière classe F.F.I.

Philippe Gaussot fait un peu de portraits photos à Chamonix (notamment de petits enfants), et de nombreuses photos pour divers magazines. Beaucoup de boulot pour peu de choses... Il écrit un livre sur la pratique du ski avec ses amis James Couttet, champion du monde, et Georges Tairraz, de la grande lignée de photographes.

Cet ouvrage est précédé et suivi par deux livres pour enfants édités par le libraire chamoniard Jean Landru, Hoppy la Marmotte et You-Pi le Chamois, illustrés par le dessinateur des Pieds Nickelés, son grand ami Pellos. Un troisième album, Tschirb le Choucas (en réalité un chocard) était prévu, mais il est resté inachevé. Il semblerait que par manque d'expérience, les éditions Landru aient fait louper la vente de ces albums dans différents pays, dont les Etats-Unis ! J'ai également entendu dire qu'une cargaison de ces ouvrages avait été confisquée (en Amérique du Sud?), sans dédomagement !

Philippe réalise également avec Pellos un reportage sur le front des Alpes, pour des journaux parisiens. Au hameau des Rosières, près du Col de Petit Saint Bernard, nous avons failli nous faire descendre à coups de mortier, violer par des tirailleurs algériens et tuer par un chauffeur de taxi grenoblois qui avait perdu le volant en entendant tirer un canon de 155... Et dire qu'il ne nous a jamais raconté tout cela !

Philippe entre ensuite comme correspondant au journal Les Allobroges. Il assure également la correspondance pour d'autres journaux parmi lesquels France-Soir, le Parisien Libéré, La Suisse, et le Figaro par le biais de Mossu (vraisemblablement René Mossu, directeur du Messager de 1932 à 1970).

En septembre 1945, Philippe Gaussot entre enfin au Dauphiné libéré, où il restera jusqu'à sa mort. Il couvre alors les principaux événements sportifs comme les jeux olympiques d'hiver et les championnats du monde de ski, et tous les gros drames de la montagne.

Philippe couvre également l'inauguration de tous les refuges de la vallée de Chamonix, et assure le reportage de la construction du téléphérique de l'Aiguille du Midi, des différents télécabines et du Tunnel du Mont-Blanc. Peu de journalistes ont eu autant de sujets à traiter durant leur carrière sans quitter leur secteur ! un coin où on était vraiment gâté... Il rédige également une chronique demeurée célèbre, les Propos de la Marmotte, qui ne fait pas toujours que des heureux parmi ses lecteurs !

Philippe Gaussot à son bureau  :  → davantage sur Philippe Gaussot et le Dauphiné libéré

Philippe écrira également par la suite différents ouvrages sur Chamonix et sa vallée, et un livre sur le ski et ses amis skieurs, Histoires de ski, préfacé par Marielle Goitschel.

A côté de son travail pour le Dauphiné, il rédigera aussi de nombreux articles pour d'autres journaux et revues.

Il fallait travailler beaucoup, souvent la nuit, pour s'en tirer. En 1948, j'ai eu un petit trou au poumon droit. [Le docteur Pierre] Dartigue m'a fait un pneumo mais personne n'en a rien su, car je n'ai arrêté le travail que... huit jours. Il n'était pas question que je m'arrête !

Chamonix et notre famille

En 1952, Philippe demande le divorce d'avec Jacqueline, et l'obtient en janvier 1953. Jacqueline épousera par la suite le capitaine Leubas.

Philippe Gaussot se remarie le 7 octobre 1954 avec Colette Mongin. Ils passent un voyage de noces merveilleux aux Baléares.

Le père de Colette, Victor, est directeur d'hôtel; il dirigera notamment à Chamonix les hôtels Majestic, Mont-Blanc et Couttet; sa mère Jeanne, née Schmidt, est couturière; sa grand mère maternelle, Césarine, est une Dévouassoud, très ancienne famille chamoniarde; son oncle Gaston Schmidt est concessionnaire de la Plage de Chamonix, un lieu mythique de la vallée jusqu'à sa destruction au début des années 1970, pour donner place à l'actuelle piscine et au centre sportif Richard Bozon.

Colette Gaussot en 1955    → davantage sur Colette Gaussot et sa famille    La Plage vers 1950-60    → davantage sur la Plage de Chamonix

Colette et Philippe vivent au Chalet Pervenches, que Philippe loue depuis 1946, au Clos des Charmilles (entre ce que l'on appelait alors la Petite et la Grande Mollard, aujourd'hui route de la Roumnaz et route de la Mollard).

Chalet Pervenches  :  → le Chalet Pervenches vers 1940 (photo F. Monnier, coll. J.-Ph. Gaussot)

Le traitement reçu du Dauphiné et les nombreuses correspondances assurées permettent au couple de vivre maintenant normalement. Mais avec la naissance de deux enfants, il n'était pas question de chômer... car il fallait penser aux études et à l'avenir.

En effet, je nais en novembre 1955; on me prénomme Jean-Philippe et Daniel, en hommage à mon père et à mon parrain le docteur Jean-Daniel Gringoire, mari de ma tante Janine Mongin.

Jean-Philippe Gaussot, digne fils de son père !  :  → davantage sur Jean-Philippe Gaussot

En juin 1960 je reçois en cadeau une petite sœur que je prénomme Christine.

Fin 1976, nous sommes contraints de quitter le chalet Pervenches, que le propriétaire veut reprendre pour lui. Nous nous installons alors au chalet Bois Prin, 652 route des Pècles à Chamonix, propriété de M. André Gérent. Le loyer mensuel est alors de 1500 francs...

Chalet Bois Prin  :  → une ancienne photo du Chalet Bois Prin

Agé de 65 ans, Philippe Gaussot doit se résoudre à quitter l'agence du Dauphiné libéré pour céder sa place. Il demande cependant à pouvoir continuer de travailler pour le journal, ce qui lui sera accordé et qu'il fera tant que ses forces le lui permettront.

En guise de testament et d'hommages

Le départ de l'agence fut très dur pour moi. J'avais fait mon trou dans cette vallée difficile dont je m'étais fait le chroniqueur quotidien, essayant d'exprimer ce que pensaient les gens de ce pays, de les aider à conserver leur pays en bon état et à y créer des conditions de vie agréables. Ce ne fut pas toujours facile. Ma franchise, mon souci de l'objectivité ne m'ont pas valu que des amis, mais je ne pense pas que l'on puisse avoir d'autre chose à me reprocher que mon mauvais caractère, ce que je préfère appeler un caractère entier. Il m'a permis de faire front, de tenir tête à tous, y compris à [Maurice] Herzog, qui aurait pourtant donné cher pour se débarasser de moi au plus tôt...

Je ne sais ce que me réserve l'avenir. Je souhaite retrouver vite la santé afin de pouvoir rendre Colette heureuse et achever l'éducation de Jean-Philippe et de Christine, mais aussi aider les chamoniards s'ils ont encore besoin de moi.

Car ce pays est devenu le mien. J'y ai connu tant de peines et de joies, eu et perdu tant d'amis, je m'y suis tellement battu en montagne et dans la vie quotidienne, que j'y suis enraciné plus profondément que si j'y étais né
. Chamonix, 17 janvier 1977.


Philippe Gaussot décède le 12 mars 1977 à Chamonix à 65 ans, après une longue maladie; il est salué par ses confrères comme une personnalité régionale au caractère trempé, l'un des plus brillants journalistes sportifs de son époque, d'une compétence et d'une conscience professionnelle incontestées.

Fin 1985, Colette Gaussot doit quitter le chalet Bois Prin, que son propriétaire souhaite vendre. Elle s'installe alors dans le petit immeuble Eterlou (construit par l'ancien gardien du refuge du Requin Bernard Banban Burnet et propriété de Janine Burnet), 65 allée des gentianes à Chamonix, dans un appartement que j'occuperai jusqu'au 31 mars 2015 (avant de m'installer 863 route Couttet Champion, pas très loin de notre ancienne maison des Pècles). Colette Gaussot décède le 27 juillet 2013 à Chamonix à 81 ans, après de longs mois passés à l'hôpital.

Tous deux me manquent beaucoup.

Colette et Philippe Gaussot


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