Colette Gaussot et sa famille

Colette Mongin naît le 1er février 1932 à Chamonix, de Victor Edouard Mongin (*1905 †1968) et de son épouse Jeanne Hélène, née Schmidt (*1905 †1961).

Victor naît à Paris, de Marie Bozon, jolie jeune fille de 20 ans issue d'une vieille famille de la vallée de Chamonix, et de père "non dénommé".

Née à Paris en 1885, Marie Bozon était la fille de Joseph-Marie Bozon (*1848 à Vallorcine), journalier employé de commerce, et de Marie-Jeanne Le Bervet (*1849), cuisinière. Joseph-Marie, fils de cultivateurs, avait vraisemblablement quitté sa vallée pour trouver du travail à la capitale.

Marie Bozon, ouvrière, épouse en 1906 Eugène Emile Mongin (*1882 près de Laon dans l'Aisne), fils de Théophile Narcisse Mongin (*ca 1855), tailleur d'habits à Laon, et de Palmire Grausard (*ca 1858) ; Eugène est domicilié à Vincennes (à la même adresse qu'Aristide Bozon, oncle de Marie), et charbonnier dans le département de la Seine. Lors du mariage, Victor Bozon est "légitimé" et prend alors le nom de Victor Mongin.

Eugène meurt accidentellement en chutant d'un train, et Marie décède de la tuberculose. Orphelin à 7 ans, Victor est alors recueilli par la cousine germaine de Marie, Zela Bossonney (*1881 †1969) ; cette dernière est la fille de Luc Bossonney et de Marie-Clémence Bozon, la sœur de Joseph-Marie et d'Aristide Bozon. Après avoir été femme de chambre à Paris, Zela est retournée "au pays", figurant sur le recensement de Chamonix en 1911 ; c'est donc là que Victor continuera son enfance et s'installera.

Victor Mongin part étudier l'hôtelerie en Angleterre. Le 20 mars 1926, il épouse Jeanne Schmidt ; les témoins sont Luc Bossonney et Roger Schmidt.

Par la suite, Victor dirige à Chamonix l'hôtel Couttet, propriété des frères Joseph et Jules Couttet, les fils de François Couttet dit Baguette, fondateur en 1880 du Grand hôtel Couttet et du Parc (Joseph et Jules construisirent en 1926 la villa des Améthystes, qui deviendra la Tournette de Maurice Herzog puis en juin 2015 la Maison des Artistes d'André Manoukian et Pascal Armand).

Pendant la seconde guerre mondiale, l'hôtel Couttet est réquisitionné par les Allemands, et Victor perd son poste. Il s'engage dans l'Armée Secrète (A.S.), dans le groupe du sergent André Bossonney (futur créateur de stations de ski au Chili), aux côtés notamment de Gaston Rébuffat et de James Couttet. Le 17 août 1944, jour de la libération de Chamonix, les jeunes maquisards posent avec leurs armes devant l'Helvetia. On reconnaît, de gauche à droite, Victor Mongin, Gaston Rébuffat, Charles Mountz, Jean Claret, Jean Farini, André Bossonney et James Couttet.

Victor Mongin et les maquisards le 17 août 1944    → Victor Mongin et les maquisards d'André Bossonney en 1944 (photo X, source Le Figaro)

Par la suite, Victor Mongin dirigera à Chamonix les hôtels Majestic et Mont-Blanc, peut-être aussi l'hôtel de Paris à Thonon-les-Bains (propriété de M. Couttet), et pour finir l'hôtel Napoléon à Grenoble, 7 rue Montorge. Après la mort de son épouse Jeanne, il épouse en 1962 Eva Victorine Louise Pouly, qui travaillait je crois à l'hôtel Napoléon.

Victor Mongin décède le 18 février 1968, des suites d'une électrocution à son domicile. Voici un extrait de sa nécrologie dans le Dauphiné libéré : Formé dans sa jeunesse dans la grande tradition hôtelière, il avait été, pendant de nombreuses années, le collaborateur très apprécié de plusieurs hôteliers chamoniards, notamment M. Kuntz et M. Gérard Simond. [ ] Sa disparition sera cruellement ressentie à Chamonix où il comptait de très nombreux et fidèles amis. [ ] M. Victor Mongin était le beau-père de notre collaborateur Philippe Gaussot et le père de Mme Jean-Daniel Gringoire. J'ose à peine imaginer le désarroi de ma pauvre maman quand elle constata qu'elle avait été oubliée dans cette nécrologie, elle qui adorait son papa...

Victor Mongin vers 1957    → Mon grand-père Victor Mongin vers 1957

La mère de Colette, Jeanne, est couturière. Tout petit, je suis fasciné par sa machine à coudre Singer, et je l'aide en actionnant à la main le pédalier (Maman a conservé cette machine, qui se trouve aujourd'hui chez moi). Je me souviens aussi que j'allais parfois passer la nuit chez elle, rue Vallot, au bord de la Bédière, ma petite valise bleue à la main.

Jeanne Schmidt en 1921    → Ma grand-mère Jeanne Schmidt le 11 septembre 1921    Jeanne Mongin vers 1960    → Jeanne Mongin vers 1960 (photo Roland Gay-Couttet)


La Singer de Jeanne Mongin    → La machine à coudre de ma grand-mère

Jeanne est la fille d'Adolphe Schmidt (*1874 †1961), voiturier au Praz d'en bas et conducteur de diligence à Chamonix, et de Césarine Zela Dévouassoud (*1879 †1950). Petit, je suis très impressionné par les grandes moustaches blanches de mon arrière-grand-père. Le voici ci-dessous avec sa fille, sa petite-fille, son arrière-petite-fille (qui fête son premier anniversaire) et moi.

Adolphe Schmidt en 1961    → Mon arrière-grand-père Adolphe Schmidt le 17 juin 1961    Adolphe Schmidt en 1961

Adolphe Schmidt décède le 9 décembre 1961, quatre mois après Jeanne. Voici un extrait de son avis de décès : Les familles Roger, Raymond et Gaston Schmidt, Ernest Schmidt, Knapp, Gringoire, Gaussot, René Schmidt, Dujourdhui, Nicolas, Agazzi et Amiot, ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu'elles ont éprouvée en la personne de Monsieur Adolphe Schmidt, ancien combattant 14-18. M. Knapp était l'époux d'une soeur d'Adolphe, Angeline.

Adolphe était le fils de Frédéric Schmidt dit Frédéric l'Allemand (*ca1846 à Kandergrund, canton de Berne), voiturier au Bourg, de religion protestante, et de Marie-Josette Frasserand (*ca1848 à Martigny), mariés en 1870. Un frère d'Adolphe, Ernest (*1879 à Chamonix †1965) épousa en 1905 Marie-Alice Bossonney ; ils eurent un fils, René.

Césarine était la fille d'Albert Dévouassoud (*1834 à Chamonix †1863), cultivateur au Crey, et de Marie-Lydie Rey (*1847 à Servoz †1909), elle-même fille de Joseph Rey et de Jeanne Paccard, et qui tenait un café à Servoz. Après la mort d'Albert, Marie-Lydie se remaria avec Jean-Albert Semblanet (ce dernier partit pour les Etats-Unis après un crochet par l'Argentine en 1870 ; il n'eut pas de descendance, contrairement à son frère Jérémie, père de Lucile Semblanet).

Albert était le fils de Michel Dévouassoud (*1800 à Chamonix †1875), laboureur au Crey, et de Marie-Jeanne Charlet (*1802 à Chamonix †1880). Son frère Michel-Théophile (*1825) épousa Julie Payot, son frère Michel-Jérémie (*1827) épousa Marie Romaney, sa sœur Marie-Adèle épousa en 1855 Joseph-Marie Tairraz.

Michel était le fils de Pierre-François Dévouassoud (*1770 à Chamonix †1821), laboureur aux Barrats, tué par un billon, et de Julienne Simond (*1777 à Chamonix †1848), elle-même fille de Jean-Pierre Simond et de Jeanne-Marie Cachat. Pierre-François devait être un laboureur robuste, puisque Michel eut 11 frères et sœurs, parmi lesquels Ferdinand (*1811 †1872), époux en 1838 de Marie-J. Couttet, Jérémie-François (*1814 †1887), époux en 1854 de Henriette Balmat, Jean (*1818 †1876), époux en 1832 de Marie-Henriette Simond, Pierre-Méry (*1798 †1866), époux en 1820 de Marie-Aug. Cachat-Rosset, et Thérèse-Séraphine (*1805 †1874), épouse en 1827 de Michel Paccard. Cette impressionnante fratrie imposa de coller un rabat sur la page de l'arbre généalogique !

Pierre-François était le fils de Jean-Michel Dévouassoud (*1728 à Chamonix †1804) et de Marie Balmat (*1738 à Chamonix †1802), elle-même fille de Michel Balmat et d'une demoiselle Andréaz-Comte. Son frère Jean-Michel (*1778 †1846) épousa en 1796 Angélique Couttet, son frère Jean-François (*1781 †1870) épousa en 1816 Jeanne-Marie Ravier.

Jean-Michel était le fils de Barthélémy Dévouassoud (†ca1770), laboureur aux Tissourds puis aux Barrats, et de Marie Payot (*ca1705 à Chamonix †1745). Son frère Barthélémy (*1730 †1789) épousa en 1777 Marie-J. Balmat.

Barthélémy était le fils de Pierre-François Dévouassoud (*ca1675 à Chamonix †1720 à Chamonix), laboureur aux Barrats, et de Claudine Frasserand (*ca1668 †1704 à Chamonix).

Enfin, Pierre-François était le fils de Balthazard Dévouassoud et de Jeanne Michelle Descombes, mes arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-arrières-grands-parents !

Selon Charles Gos (dans son livre Alpinisme anecdotique, 1934), la famille Dévouassoud est une vieille famille du Prieuré [de Chamonix], dont on retrouve la trace jusqu'au quatorzième siècle, dans les archives de la vallée, sous le nom de Des Vuaczos.

Un grand merci et un grand bravo à l'association des Amis du Vieux Chamonix et en particulier à Maurice Gay, qui m'a grandement aidé à reconstituer mon arbre généalogique maternel, et à Françoise Semblanet pour ses recherches sur mon grand-père Victor Mongin !

Revenons trois siècles plus tard. Colette (ma maman) a une sœur aînée, Janine, qui épousera le docteur Jean-Daniel Gringoire (*1906 †1988), mon parrain, et travaillera avec lui à Paris.

Jeanne (ma mamie) a trois frères plus âgés. Roger Schmidt (*1901 †1971) est l'aîné. Raymond Schmidt (*1902 †1982) sera concessionnaire de la Piscine Molitor à Paris, où il tiendra un magasin de sports et donnera l'hiver des cours de patinage ; il aura trois enfants, Norbert (*1925 †1943 au lac Blanc avec 11 autres jeunes de Jeunesse et Montagne), Monique (qui fera partie des tournées Holiday on ice) et Christian. Gaston Schmidt (*1903 †1977) donnera des cours à la patinoire de Chamonix, et sera surtout concessionnaire de la Plage de Chamonix, aidé ponctuellement par ses trois fils, Jean-Claude, Alain (tous deux installés depuis à Torremolinos et à Malaga, en Andalousie), et Norbert (*1945 †1992) (que toute la famille appelait Bob), dermatologue à Sallanches. Les deux cadets de Jeanne, Laurent (*1908 †1908) et Laurence (*1909 †1909) moururent peu après leur naissance.

Norbert Schmidt en 1943    → Le cousin germain de Maman, Norbert Schmidt, en 1943

Durant son enfance (qu'elle passe à Chamonix, comme le reste de sa vie), Colette est très proche de sa cousine Monique. Parmi leurs camarades, elles comptent Nicole Sanglard, Marie-Joseph et Françoise Landru (filles du libraire-éditeur Jean Landru), Françoise Libardi, et une certaine Mauricette Walder, du Blanc-Mesnil. A l'école, Colette a parmi ses enseignantes Mme Saillet (en géographie) et Mlle Ancey (Gaby), que j'aurai moi-même comme professeur plusieurs années plus tard !

En 1950, Colette Mongin part cinq mois en Angleterre comme jeune fille au pair, d'abord à Portsmouth chez une Mrs Blamey (où elle s'ennuie à mourir) puis à Londres chez Mrs Service. En 1951, elle travaille comme secrétaire à l'office du tourisme de Chamonix, alors dirigée par Pierre Curchod.

Pour aider notre tonton Gaston, elle tiendra aussi la caisse à l'entrée de la Plage. Jolie fille et excellente plongeuse, elle y avait de nombreux admirateurs !


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